Les plateformes numériques doivent contribuer à l’innovation durable

Dans sa réponse à la consultation de la Commission européenne sur le travail de plateforme, la CEC European Managers a souligné le grand potentiel que l’économie de plateforme pouvait libérer. Pour ce faire, le développement numérique doit être aligné sur le socle européen des droits sociaux, les objectifs du Green Deal de l’UE et des principes de fiscalité équitable. Aujourd’hui, cependant, le développement accéléré et peu réglementé des plateformes pose des défis quant à certains aspects du modèle social européen.

Bien que le travail de plateforme ne représente aujourd’hui qu’une très petite part du marché de l’emploi, il ne cesse de croître. Or, aujourd’hui, les travailleurs de plateformes ne sont souvent pas considérés comme des employés, ce qui pose des difficultés pour leur sécurité sociale, les systèmes fiscaux de l’UE et les droits numériques. C’est pour ces raisons que la CEC European Managers a clairement indiqué que tous les types de plateformes et toutes les personnes y travaillant devraient être couverts par une nouvelle réglementation, quel que soit leur statut d’emploi officiel. De plus, les conséquences négatives d’une mauvaise conception d’algorithmes et d’une «prise de décision automatisée» doivent être atténuées pour que l’approche humaine vis à vis des travailleurs puisse être respectée.

De nombreuses décisions de conceptions technologiques ont des répercussions sur les modalités de travail, les modèles de sécurité sociale et la durabilité économique. Elles impliquent de s’interroger sur la façon d’assurer le financement de nos systèmes de protection sociale (et plus généralement, sur l’efficacité de nos modèles actuels en matière de taxation des entreprises et d’activité économique) ou sur le rôle de l’intelligence artificielle et la place que devraient avoir les mécanismes de surveillance basés sur des algorithmes dans nos sociétés.

Pour les prestataires de services de plateformes, il existe un risque de dépendance économique aux platesformes d’intermédiation (risque plus important dans le cas où le travail sur plateforme représente la principale source de revenus). Cette situation peut évoluer davantage vers une condition d’abus de position dominante, créant de la concurrence déloyale entravant  l’entrée de nouveaux venus sur le marché. Une telle domination peut être encore exacerbée si nous prenons en compte l’avantage déloyal supplémentaire dont les plateformes bénéficient: celui de l’absence d’obligations structurelles d’investissement, de l’absence de risque entrepreneurial pour l’exploitation de la plateforme et parfois d’un positionnement monopolistique sur le marché.

En ce qui concerne les cadres, le développement de l’économie de plateforme nécessite de solides responsabilités, une responsabilisation et un personnel hautement professionnel. Alors que la population des cadres dans l’UE diminue, il est important de souligner que le croissance de l’économie de plateforme – l’un des nombreux aspects du nouveau monde du travail – exige une analyse plus approfondie du rôle et de la contribution des cadres et managers. De meilleurs incitants sont nécessaires pour cultiver une culture de leadership plus durable et innovante afin de créer une économie de plateforme dans l’intérêt de la résilience à long terme de l’UE, de l’emploi durable et de l’innovation distribuée. Pour développer l’économie de plate-forme dans une approche de parties prenantes, la participation des partenaires sociaux à tous les niveaux s’avère cruciale.

Plus d’informations

Vous trouverez ici la réponse de la CEC European Managers à la consultation sur le travail de plate-forme (en anglais)